La puissance de la nature ft. Kjaran
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Yrsa Björndóttir
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J'ai : 21 ans Je suis : étudiante en littérature - quand elle va en cours Avatar + crédits : Emily Rudd by hungry icons
Lun 13 Mai - 21:27
La puissance de la nature

Ce matin lorsque le réveil sonna, elle eu à peine le temps d’émerger du sommeil que sa mère était déjà dans l’encadrement de sa porte, la couvant d’un regard bienveillant. Yrsa poussa un long soupir, grogna et se planqua sous sa couette. Il fallait que dès les premières lueurs du jours sa famille vienne lui retirer son autonomie, même si cela était le fait d’une bonne volonté. Quand elle sortie de sa cachette, Greta s’affairait à fouiller le placard de sa fille pour lui trouver une tenue. Ce fut la goute de trop pour Yrsa.

_ Que tu veuilles m’aider dès le réveil ok, mais tu pourrais au moins me laisser choisir mes vêtements ? Sauf si à tes yeux je suis redevenue une enfant de 3 ans qui ne sait pas s’habiller seule !
_ Je… Pardon. Tu n’auras qu’à m’appeler une fois que tu auras fait ton choix, je reste dans le couloir.


Yrsa leva les yeux au ciel tout en soupirant et se laissa retomber contre son oreiller en grognant. Elle ne savait pas ce qui l’énervait le plus : la surprotection que sa famille lui offrait ou cette étrange docilité qu’ils avaient envers elle quand elle se mettait en colère. Après s’être posée la question pendant cinq minutes et ne pas avoir trouvée de réponse, elle se traîna jusqu’à son armoire et attrapa le premier jean, pull et t-shirt qui lui tomba sous la main. Elle ne s’inquiétait pas des associations : son style vestimentaire était devenu si simple que le peu qu’elle possédait pouvait s’associer avec tout.

Yrsa enfila le haut seule, mais elle capitula pour le pantalon et appela sa mère qui arriva aussitôt, un grand sourire sur le visage. Les sourcils de sa fille se froncèrent, peu appréciateur de cet engouement maternel. Cependant elle resta silencieuse et se laissa porter pour être installé dans son fauteuil qu’elle ne quitterait probablement plus jusqu’au soir. Le reste du rituel se déroula comme d’habitude : son père était déjà au travail, Hödd préparait les différents petits-déjeuners et déjeuné et Greta s’installait à table à côté de sa fille pour lui apporter assistance. Ensuite elle l’emmènerait à l’université avant d’aller ouvrir la librairie.  Comme à chaque fois, Yrsa faisait preuve de peu de sympathie, se montrant résistante à toute marque d’affection.

Quand elle fut déposée à l’université, elle regarda le véhicule de sa mère partir puis s’engagea dans la direction opposée à son bâtiment. Elle n’était pas d’humeur à subir un cours matinal et n’avait pas envie de s’enfermer dans la bibliothèque. Elle se contenta donc de rouler dans les rues de la ville jusqu’à arriver à la plage. Hormis quelques coureurs et promeneur de chien, elle était déserte. À cet instant elle aurait rêvé retirer ses chaussures pour sentir le sable sous ses pieds, l'eau lui lécher les chevilles, mais rien de tout cela était possible. Alors elle se contenta de regarder l'étendue d'eau depuis l’entrée de la plage, le seul endroit qu’elle pouvait atteindre avec son fauteuil. Elle posait sur l’eau un regard mi-colérique, mi-nostalgique.

Au bout de longues minutes elle se contorsionna pour récupérer son sac à dos et en sorti son journal intime dans lequel elle commença à écrire. Tout d’abord sa colère contre sa famille, contre elle-même, puis contre l’humanité. Ensuite, quand elle se sentie vidée elle posa le stylo et admira à nouveau le lac, mais cette fois-ci avec un regard admiratif. La nature était si puissante et bien qu’elle se laissait dompter par les hommes, elle savait encore exprimer sa liberté, la gagnant à chaque fois et rappelant ainsi à l’homme qu’il pouvait cohabitait avec elle uniquement parce qu’elle l’acceptait. Puis son regard s’assombrit à nouveau : elle était si impuissante elle. Elle n’avait pas la force de la nature tout ce qu’elle savait faire c’était accuser ceux qu’elle aimait pour gagner un minimum d’autonomie qu’elle ne gagnait jamais réellement : ils finissaient toujours par l’infantiliser quoi qu’elle fasse.

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